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Les articles d’Esprit Bélier n°31

Yann Kerboriou : De l’ombre à la lumière !

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Avec plus de 100 matches disputés sous le maillot cristolien, Yann Kerboriou s’est fait une place parmi les « grands gardiens » de l’USCL ! Pourtant, le gardien de 27 ans a dû une nouvelle fois s’employer pour gagner une place de titulaire cette saison. Sur le podium des « Etoiles de Ligue 2 » du magazine France Football, Yann Kerboriou revient dans les colonnes d’Esprit Bélier sur cette raison réussie.

Quel est votre sentiment sur la saison de l’USCL ?

Yann Kerboriou  : L’objectif du maintien a été atteint, mais pour ma part, il y a pas mal de déception parce que je pense qu’on aurait pu faire beaucoup mieux. Dans l’effectif, beaucoup avaient fait la montée de National en Ligue 2 et il y avait de bonnes recrues. Honnêtement, je pense que l’on pouvait finir plus haut que la saison dernière.

 

Sur un plan plus individuel, vous avez terminé la saison 3ème meilleur gardien du classement des « Etoiles de Ligue 2 » du magazine France Football. C’est une satisfaction pour vous de faire partie des meilleurs du championnat ?

YK : C’est en quelque sorte une fierté mais il ne faut pas se fier à ce classement-là : ce sont les journalistes qui notent. Ça fait toujours plaisir d’être dans le haut du classement plutôt qu’en bas, et ça montre que j’ai fait une bonne saison, mais il ne faut pas trop prêter attention à tout ça. S’il s’agissait de notes établies par les entraîneurs et les joueurs, ça aurait plus de valeur pour moi. C’est vrai que depuis janvier, je pense avoir été plus décisif que d’habitude, mais c’est aussi le groupe qui joue mieux défensivement. Personnellement, je me situerais davantage à la 7ème ou 8ème place parce que je n’ai pas débuté la saison.

 

N’est-ce justement pas frustrant de finir aussi bien la saison alors que vous ne l’avez pas commencée ?

YK : Quand on est footballeur, on aimerait toujours jouer un maximum et être titulaire. Avant d’arriver à Créteil, j’avais toujours été titulaire dans les clubs où j’étais passé et je n’avais jamais vécu cette situation de doublure. En signant ici, je savais que je commencerai numéro 2, mais Créteil étant un club de haut niveau, c’était un bon challenge, ça m’a tenté. Après le départ de Richard Trivino, entre les blessures et les arrivées de nouveaux gardiens, j’ai souvent dû batailler pour gagner ma place. Cela m’a forgé un mental, une force de caractère. Je suis conscient de mes qualités et, sans prétention, j’ai toujours su que je finirai par m’imposer. Quand on veut quelque chose, on finit toujours par y arriver. Je suis content d’avoir eu l’opportunité de le prouver.

 

Titularisé pour la première fois de la saison à Nancy (J14), vous faites un bon match avant de vous blesser au doigt et de voir Créteil s’incliner et tomber dans la zone de relégation après avoir mené au score. Que s’est-il passé dans votre tête à ce moment là ?

YK : Il s’est passé tout et n’importe quoi ! Le premier sentiment que j’ai eu c’était de la rage. Je me suis dit : j’ai travaillé pour essayer de gagner ma place, je la gagne et finalement le destin fait qu’au bout de 30 minutes je me blesse. Je me suis dit que j’avais vraiment la poisse et que la saison allait être très compliquée… Mais finalement j’ai eu la chance que la blessure ne soit pas si grave que ça. J’ai pu retrouver la place de titulaire qu’on venait de me confier.

 

Le scénario de la saison a finalement été beaucoup plus cruel pour Cyrille Merville. Parlez-nous de votre coéquipier…

YK : Cyrille est un bon mec (sic) et un vrai professionnel. Même quand la hiérarchie a été changée, il est resté correct et a toujours été à l’écoute pour moi. Bien sûr la première semaine ça a jeté un froid entre nous. Je ne sais pas comment lui l’a vécu mais je peux en parler parce que je suis passé par là. Au départ quand tu apprends la décision tu en veux à tout le monde : ton coéquipier, l’entraîneur, le club. C’est humain comme réaction mais faire la gu… à la terre entière n’est pas une solution. Il faut arriver à dissocier les choses. D’abord, le mec qui joue n’est pas ton ennemi, ce n’est pas lui qui a pris la décision. Et ensuite, le club défend ses intérêts. Il faut arriver à voir plus loin que son cas personnel même si ce n’est pas facile de mettre ses états d’âme de côté. Car quand tu es doublure, on a besoin de toi pour faire travailler le titulaire et le faire progresser mais tu n’as pas de gloire, on ne voit pas tout le travail que tu fais dans l’ombre. De ce point vue là, Cyrille a vraiment été là pour moi. C’est un mec bien, quelqu’un sur qui je peux compter. Dans notre milieu, on ne peut pas dire ça de tout le monde. En tout cas, si j’ai été performant cette saison, c’est grâce à lui, à Rachid, et à JP (Jean-Pascal Beaufreton, l’entraîneur des gardiens, ndlr). C’est l’émulation qui nous fait progresser alors quand ça marche, il ne faut pas tirer la couverture à soi. Le poste de gardien est déjà à part et très compliqué : quand tu fais une erreur ça ne pardonne pas, c’est pire qu’un attaquant qui manquerait un but tout fait. Il faut avoir un mental d’acier alors, si tu ne peux pas compter sur le numéro 2, le numéro 3 ou l’entraîneur des gardiens ; ou que tu ne t’entends pas avec eux, c’est mission impossible.

 

Au club depuis 2010, vous avez récemment disputé votre 100ème match de championnat avec Créteil. Pensiez-vous vous inscrire dans la durée avec l’USCL lorsque vous avez signé votre premier contrat ?

YK : Honnêtement, pas du tout. Auparavant, je n’avais jamais fait plus de deux saisons et demi dans un club. C’est la première fois que je reste autant de temps. Et vu les difficultés que j’ai eues à gagner une place de titulaire, je ne pensais pas rester si longtemps. Mais c’est vrai que 100 matches, c’est vraiment pas mal ! Si le club m’accorde sa confiance à 100%, je me vois bien terminer ma carrière ici !

 

Pour ces 100 matches, vous avez d’ailleurs été récompensé, en compagnie de Mathieu Lafon et Cheikh Ndoye, d’un maillot commémoratif, reçu des mains du Président. Comment avez-vous accueilli cette initiative ?

YK  : Ça m’a fait plaisir, c’est la récompense du travail accompli. Mais ce geste a fait encore plus plaisir à mes parents ! Ma mère a toujours cru en moi, alors voir que j’ai réussi ce que j’ai toujours voulu être, ça lui a fait très plaisir.

 

Créteil a souvent compté des gardiens de renom dans ses rangs… Est-ce une fierté pour vous de vous inscrire dans la lignée des Stéphane Porato, Stéphane Cassard, Dominique Casagrande, etc…

YK : C’est glorifiant (sic) de passer derrière des gardiens de très haut niveau comme eux, même si je suis loin d’être à leur niveau. Moi, j’ai eu la chance de côtoyer Richard Trivino, qui a su m’apporter son expérience et de nombreux conseils.

Propos recueillis par CS & JG

Photos Olivier Stéphan SB29.com

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